Blood family – Anne Fine

Image115.png


Vivre ou survivre – Balavoine

Madame l’écrivaine,

Avec votre roman, vous nous entrainez dans un sentiment étrange, partagé entre avidité d’informations et culpabilité. Dès le début, vous instaurez un côté glauque et voyeur qui plonge le lecteur dans un sentiment de malaise. Cela a très bien marché avec moi, je me sentais coupable de ressentir cette envie d’en apprendre plus sur l’enfance terrible d’Edward mais je ne pouvais pas la réfréner. Je me suis beaucoup attachée à Eddie. Les passages de son points de vue étaient toujours intéressants, d’abord parce qu’ils témoignaient de sa grande intelligence mais aussi parce que son recul sur les évènements permet de mieux comprendre ses erreurs sans que tout ne soit trop prévisible.

Pendant plusieurs années, le petit garçon subit les maltraitances de son beau-père Harris. Entre les coups portés à sa mère et l’indifférence qu’il subit, le sujet dur et cru est bien présent. Pourtant, vous vous efforcez à ne pas trop en rajouter. Vous avez bien compris que cela est suffisant à choquer, vous n’en faites pas « des tonnes » pour attirer le lecteur et cela fonctionne : Blood family est un véritable page turner grâce à la sensation de déchéance imminente. Pas besoin de passer des pages et des pages à nous faire frissonner devant l’horreur, elle est là seulement quand il le faut et le reste du temps, elle se fait ressentir. Le roman chorale est bien étudié et permet de provoquer cette sensation de chute proche, un peu à la manière d’un témoignage. De plus, le temps de parole accordé aux personnages est en adéquation avec leur importance.

Merci madame l’écrivaine, votre dosage parfait donne une grande stabilité à votre roman.

un-coquillage-dans-le-sable

Publicités

Miss Alabama et ses petits secrets – Fannie Flagg

Image114.png


Happy Ending – Mika

Madame l’écrivaine,

Votre roman est drôle, amusant et empreint d’une grande fraicheur. Vous nous faites passer un bon moment avec des aventures rocambolesques et des personnages hauts en couleurs. Pourtant, vous écrivez sur un thème dur qui pourrait facilement tomber dans le pathétique. Maggie fait un personnage suicidaire hors du commun qui ne provoque pas la pitié. Elle mène sa petite vie tranquille et méthodique jusqu’à atteindre son but : sa disparition programmée. J’ai trouvé le début assez lent mais l’ambiance est agréable et permet de ne pas voir le temps passer. De plus, il n’y a aucune action majeure qui se fait vraiment attendre et le roman garde sa ligne de conduite tout du long. Seules les recherches menées sur le mystérieux propriétaire de Crestview donne plus d’activité au récit mais je les ai trouvées assez anecdotiques d’autant plus que ces passages sur le passé de la ville rompent un peu le rythme entrainant du reste du roman.

Merci madame l’écrivaine, même si votre roman n’a pas été marquant, il reste un très bon moment pour se sentir bien.

belle-lecture-sous-les-voiles

Tout amour est extraterrestre – Susie Morgenstern & Alain Grousset

Image113.png


3ème sexe – Indochine

Madame et monsieur les écrivains,

J’ai débuté ma lecture avec beaucoup d’espérances, m’attendant à un récit original, drôle, avec une pointe de poésie. Finalement, plus j’avançais dans ma lecture et plus la déception me gagnait. J’ai trouvé le récit trop plein de fantastique inexpliqué et sorti de nulle part, mais pour ce point, quelques pages auraient pu y remédier. En revanche, je me suis sentie submergée par les clichés et le manichéisme. J’imagine qu’il y a pu y avoir une volonté de dénonciation derrière mais pour moi, c’était trop maladroit pour me convaincre.

J’ai trouvé cela dommage parce que la thématique sur la puberté aurait pu être traitée de façon intéressante avec un passage d’un corps d’enfant à un corps d’adulte imagé et original. Cependant, je l’ai trouvée noyée sous les points que j’ai jugés négatifs et trop présents selon moi pour en faire abstraction.

Merci madame et monsieur les écrivains, je suis navrée de ne pas avoir pu passer au-dessus pour ne relever que l’originalité de votre roman.

coque-brisee

Miss Peregrine et les enfants particuliers – Tim Burton

Image112.png


Wish that you where here – Florence + The Machine

Monsieur le réalisateur,

Après avoir terminé le livre, j’avais très envie de découvrir les images que vous aviez mises sur les mots de Ransom Riggs. J’ai trouvé le scénario du livre bien utilisé avec une entrée en matière plus rapide, ce que j’ai apprécié, et une ambiance bien retranscrite. La façon dont vous avez condensé certains éléments m’a paru claire et légitime et j’ai beaucoup aimé la manière dont vous avez traité le renouvellement de la boucle. Votre esthétique est bien présente et se confond très bien avec l’aspect glauque qu’il peut se dégager du roman. Certaines scènes un peu burlesques, notamment une des scènes finales, m’ont d’abord laissée perplexe avant de me convaincre par la touche de fraicheur qu’elles apportaient.

L’incarnation de Miss Peregrine par Eva Green est parfaite, je l’ai trouvée magistrale dans ce rôle. Elle occupe une grande place sur le devant de la scène même si les enfants restent centraux également. De même, Samuel L. Jackson fait un M. Barron excellent. En revanche, je n’ai pas compris l’intérêt de l’échange de pouvoirs entre Emma et Olive. Cela permet certaines scènes spectaculaires mais elles auraient pu avoir lieues sans l’échange, tout en restant un peu plus fidèle.

Merci monsieur le réalisateur, votre film rend l’univers de Ransom Riggs du plus bel effet.

4

Miss Peregrine et les enfants particuliers – Ransom Riggs

Image111.png


Blue hotel – Chris Isaak

Monsieur l’écrivain,

L’aspect cabinet de curiosité de votre livre m’a immédiatement attirée. Le nombre d’illustrations qui font vivre votre récit donne un caractère magique et précieux à l’objet. L’histoire m’intriguait, elle aussi, avec la perspective d’un orphelinat peuplé de personnes extraordinaires. J’ai trouvé l’entrée en matière assez longue et même si je n’ai pas ressenti d’ennui, j’étais impatiente de découvrir la nature de l’orphelinat. Je pensais qu’il serait beaucoup plus central et que le récit s’ouvrirait sur lui en exposant le fonctionnement du monde et la vie passionnante qu’il renfermait. J’ai ressenti une pointe de frustration à cause du manque de description mais l’intrigue surprenante et inattendue a fini par me faire oublier cette légère déception.

Une fois lancée, l’histoire est très rythmée et l’exposition du monde fantastique est très bien gérée. L’ignorance de Jacob est agréable puisqu’elle permet au lecteur de découvrir le fantastique en même temps que le personnage principal. J’ai beaucoup aimé Jacob qui a de vrais moments de doutes. Les enfants particuliers sont des personnages originaux et intrigants qui n’en restent pas moins humains. Vous évitez très bien le côté personnage de foire.

Merci monsieur l’écrivain, tous les aspects de votre histoire sont bien dosés pour en faire un mélange savoureux.

un-coquillage-dans-le-sable

Mademoiselle Clarisse – Gérard Georges

Image110.png


Vieillir avec toi – Florent Pagny

Monsieur l’écrivain,

Lire votre roman est un peu comme passer quelques jours hors du temps. Votre récit prend le temps pour plonger le lecteur dans l’ambiance du Royat du XIXème siècle. J’ai trouvé ma lecture enrichissante grâce à la grande Histoire qui se mêle à l’anecdotique et à la petite histoire de Clarisse. Les repères historiques sont agréables pour situer le récit mais servent aussi à quelques situations. Quelques passages s’étirent en longueur et mais j’ai tant apprécié le cadre et l’époque que cela a facilité ma lecture. En revanche, j’ai trouvé la dernière partie trop rapide et elle ne m’a pas permis d’apprécier la fin correctement.

Clarisse est un personnage attachant, sa position de discrète donneuse d’eau permet d’avoir une vision d’ensemble sur le village tout en se concentrant sur certaines problématiques qu’elle va rencontrer. Cependant, j’ai été assez déçue du tournant que prend la grossesse promise dans la quatrième de couverture. Autre bémol, la présence peu convaincante de certains personnages secondaires. Je les ai trouvés assez peu incarnés et nombreux sont ceux qui m’ont paru n’être que des ombres dans la vie de Clarisse. Peut-être est-ce pour évoquer la solitude que la jeune femme ressent mais j’ai parfois eu du mal avec cette distance. La temporalité, qui s’échelonne sur plusieurs années, favorise cet éloignement progressif mais permet aussi de davantage comprendre Clarisse.

Merci monsieur l’écrivain, même si j’ai ressenti quelques frustrations, les moments passés aux côtés de Clarisse ont été enrichissants.

belle-lecture-sous-les-voiles

Le journal d’Anne Frank – Anne Frank

Image109.png


Göttingen – Barbara

Madame l’écrivain,

Au milieu de ma lecture, je me suis aperçue à quel point cela allait être difficile d’écrire ma chronique. Tout d’abord parce que votre journal est un petit bout d’Histoire et que l’Histoire avec un grand H est impossible à juger. Et puis surtout parce que je me suis rendue compte que j’allais devoir m’adresser à vous et qu’à cette perspective, je me suis sentie incroyablement intimidée. J’ai repoussé l’échéance en me demandant si je n’allais pas opter pour un autre format, puis j’ai fini par rassembler mon courage. J’ai ressenti beaucoup d’admiration en lisant votre journal. Pour vous, mais aussi pour les gens avec qui vous avez partagé l’annexe pendant tout ce temps et vos protecteurs. Il y avait une raison d’admirer chacune de ces personnes, pour toutes les difficultés et les choses affreuses que vous avez vécues. Plus j’avançais dans ma lecture, qui fut d’ailleurs très rapide, plus je me rendais compte de la force d’esprit nécessaire pour vivre cloîtré dans la peur.

J’ai été étonnée par votre maturité et votre optimisme. Même dans votre journal, qui est pourtant le lieu de l’intime, vous n’avez jamais eu l’air désespérée. Bien-sûr, vous racontez vos peines, les différents qui ont lieu, vos agacements mais tout cela en gardant l’innocence et la fraicheur de vos treize ans. Alors oui, vous avez pu parfois paraître hautaine mais la clairvoyance qui se dégage des pages suivantes montre à quel point vous étiez consciente de vos erreurs à un âge où elles sont difficile à admettre.

Merci madame l’écrivaine, plus qu’une part d’Histoire, vous êtes un modèle.

belle-lecture-sous-les-voiles

Maïté coiffure – Marie-Aude Murail

Image108.png


Je ne veux pas de ton amour – Barbara Weldens

Madame l’écrivaine,

Plus je vous lis et plus j’aime votre écriture. Votre plume est merveilleusement agréable. Il y a toujours une pointe d’humour discrète très agréable et une présence du narrateur pudique. Je pense que c’est ce qui permet aux lecteurs de tout âge d’apprécier vos romans : le style est simple et accessible aux plus jeunes mais cache assez de surprise pour montrer aux plus grands qu’ils ne sont pas oubliés. L’histoire est amusante et mignonne avec un fond très profond. Vous traitez de l’adolescence en générale mais aussi et surtout de l’autonomie, les choix, l’indépendance, l’émancipation, et ce sont les thèmes vrais et forts de l’adolescence tout en touchant un public beaucoup plus large. Louis est un protagoniste touchant par sa maturité et sa bienveillance mais également par la candeur de sa jeunesse. Votre roman est rempli d’humains avec leur soucis, leurs joies, leurs peines, leurs défauts, leurs vérités… C’est touchant parce qu’ils sont authentiques et que chacun peut se reconnaître dans une partie d’eux. Mais surtout, votre roman ne nie pas la vérité. J’ai beaucoup apprécié la fin parce qu’elle ne provoque pas l’attendu et ce que le romanesque voudrait. Non, elle se révèle simplement être le vrai.

Merci madame l’écrivaine, j’ai aimé le message porté par votre roman. Faire ce que l’on aime, c’est important.

livre-au-tresor

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut

Image107.png


Mr Bojangles – Nina Simone

Monsieur l’écrivain,

J’hésitais un peu à lire votre roman près l’avoir vu placardé un peu partout, librairie, gare, métro, tout y passait. Et finalement, je me suis dit pourquoi pas ? Pourquoi pas, après tout, vous laisser la même chance qu’aux autres, sans a priori ? Finalement, j’ai bien dû me rendre compte que votre roman était beau, tendre et poignant. Une jolie histoire d’amour un peu compliquée et trop adulte mêlée à la candeur et l’innocence de l’enfance. Ce qui est surprenant dans votre roman, c’est qu’il n’existe pas un personnage pour chaque aspect de votre histoire : ils les représentent tous à la fois, à des degrés différents.

L’écriture et le système narratif est original et votre style a un véritable air de Boris Vian, mais en plus mesuré. L’univers est très incarné mais tout de même facilement accessible. J’ai été étonnée du charisme de vos personnages alors qu’ils manquent cruellement d’identité. Votre écriture demande la confiance du lecteur et on ne peine pas à vous l’accorder.

Merci monsieur l’écrivain, vous m’avez amenée là où je ne m’y attendais pas.

P.S. Merci également pour vos références, parce qu’à en juger par les commentaires sous la voix de Nina Simone, nombreux sont ceux qui sont là grâce à vous.

coeur-ocean

Winter – Marissa Meyer

Image105.png


Wintertime love – The Doors

Madame l’écrivaine,

Cela faisait quelques semaines que j’avais l’envie inexplicable de lire Les chroniques lunaires et dans mon optique de terminer différentes sagas, je me suis empressée de lire Winter. La taille de ce dernier volume m’avait freiné lors des examens et j’avais repoussé sa lecture à plus tard. Pourtant, malgré le nombre de pages conséquent, la lecture se fait très aisément et reste relativement rapide. Je m’y suis plongée sans aucune difficulté tant l’action est présente et la sensation de fin imminente se fait sentir. Tout s’enchaine de façon très réussie, et cela sans temps morts. Dans ce flot d’actions, j’ai aimé que la fin prenne le temps afin de laisser de la place à tous les personnages. Cela permet de bien clore la tétralogie sans laisser de questions majeures en suspens.

La présence de chacun des personnages est homogène et la diversité de ceux-ci permet au lecteur de s’identifier. J’ai trouvé Winter mignonne et attachante mais elle a fini par parfois m’agacer et j’étais embêtée de ressentir ce sentiment. Heureusement, le récit entrecoupé entre les différents personnages m’a permis de davantage l’apprécier grâce à la présence des autres personnages autour d’elle et notamment du dévouement de Jacin.

Merci madame l’écrivaine, ce moment sur la Lune était rempli d’action et d’émotion.

un-coquillage-dans-le-sable