Réseau(x) – Vincent Villeminot

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Fistful of love – Anthony and the Johnsons

Monsieur l’écrivain,

Vous avez écrit votre livre comme une araignée tisse sa toile. Tout est minutieusement relié sans qu’on ne sache comment c’est possible. Au début de ma lecture, j’étais assez perdue par l’univers complexe, la mise en place du réseau social qui a une grande originalité, les abréviations qui y font référence, et le nombre impressionnant de personnage. Oui, pour commencer votre roman, je dirai qu’il faut s’accrocher parce qu’on se sent un peu lâché dans la nature sans trop comprendre ce qu’il nous arrive. Puis peu à peu, vous commencez à tisser entre les bases. A partir du moment où je connaissais au moins vaguement le nom des personnages récurrents, j’ai réussi à entrer pleinement dans l’histoire. J’ai observé quelques difficultés à m’attacher aux personnages car, avec leur nombre, le temps accordé à chacun est assez limité. Mais en avançant dans ma lecture, certains personnages se sont révélés plus charismatiques que ce que je ne le pensais.

L’intrigue est vraiment puissante. Elle met du temps à se mettre en place mais vous nous tenez en haleine grâce à un scénario bien ficelé. J’ai ressenti quelques longueurs autour de la troisième partie, je sentais la fin proche mais elle encore trop éloignée pour que je sois dans une attente insoutenable. Toutefois, il y a certains passages qui sont gorgés d’action, ce qui m’a permis de me sentir relancée dans l’histoire. Votre roman pousse à la réflexion et n’offre pas de manichéisme : c’est au lecteur de se faire sa propre opinion sur les personnages. Vous vous postez en simple intermédiaire entre l’histoire et le lecteur, sans imposer votre point de vue ou de jugement de valeur sur les personnages.

Merci monsieur l’écrivain, votre thriller est haletant par moment et retourne le cerveau juste assez pour nous effrayer.

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Le passage – Louis Sachar

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Tightrope – LP

Monsieur l’écrivain,

Votre récit est beau, prenant et loufoque. C’est un mélange de parcours initiatique et de conte qui donne un mélange assez explosif. Je me suis beaucoup amusée en lisant votre livre mais en le refermant, j’ai perçu la réflexion que vous aviez mis en place. Dans un premier temps, j’ai eu l’impression que votre histoire partait dans tous les sens. Entre le présent de Stanley travaillant au camp du Lac vert et le passé des personnages qui avaient auparavant vécus là, le lien me paraissait difficile à établir. Ajoutez à cela, la temporalité pas toujours évidente à suivre et vous finissiez de me perdre. Pourtant, toutes ces histoires mêlées sont le moteur de votre récit et sont la raison pour laquelle je me suis accrochée. Je n’ai cessé de me dire « continue, tu verras bien ». En d’autres termes, je vous ai fait confiance. J’avais la sensation de pouvoir compter sur vous pour m’impressionner et vous avez réussi. Le lien s’est mis en place et malgré certains évènements improbables, même dans votre univers déjanté, j’ai fini par tout accepter parce que j’avais mesuré l’importance de la quête.

Merci monsieur l’écrivain, votre roman cache savamment la réflexion derrière le loufoque.

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Joyeux 20 ans Harry

Le 26/06/2017

Cher Harry,

Il y a 20 ans, tu faisais ta première entrée dans l’imagination de milliers de gens. Il y a 20 ans, j’avais 14 jours. Et pendant que des tas d’enfants te découvraient et rêvaient de te rejoindre à Poudlard, j’ouvrais à peine les yeux. Pourtant, moi aussi, je t’ai rencontré. Et même si ce fut avec du retard (peut-être une dizaine d’années), moi aussi, je t’ai découvert et j’ai rêvé de te rejoindre.

Il y a 20 ans, ta célébrité due à ton statut d’élu dans le monde des sorciers s’est vue amplifiée par celle du monde des moldus. Tout le monde te connaît, même ceux qui n’ont pas lu tes aventures. J’imagine que ce n’est pas facile à vivre tous les jours, mais tu t’en sors bien. Les gens t’apprécient toujours autant et tu provoques toujours la même évasion. En 20 ans, tu n’es pas passé de mode et tu ne t’es pas ringardisé : tu n’as pas vieilli. 20 ans après, il y a toujours des enfants (et de grands enfants) qui attendent impatiemment leur lettre pour découvrir ton univers magique et vivre un peu dans tes pas. 20 ans après, on joue au quidditch, on mange des chocogrenouilles et on rêve toujours de photos animées. Pour tous ces rêves, merci.

Joyeux 20 ans Harry, tu as encore de belles années devant toi.

P.S. N’oublie pas de remercier chaleureusement J.K. Rowling pour avoir cru en toi.

Corniche Kennedy – Maylis de Kerangal

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Comme des enfants – Cœur de pirate

Madame l’écrivaine,

J’ai réfléchis pendant longtemps pour essayer de comprendre ce qui m’avait tant plu dans votre roman. Finalement, après une semaine de réflexion, je ne saurais toujours pas définir ce qui m’a fait vibrer. J’ai plongé dans l’ambiance estivale de votre livre sans difficultés. Votre écriture permet une large visualisation de l’univers ambiant. J’aime votre plume parce qu’elle est simple et contemplative qui fait vivre votre histoire sans efforts. La trame de l’histoire n’est pas ce qui m’a le plus intéressée, c’est davantage ce que vous en avez fait. Le scénario n’est pas palpitant, du moins jusqu’aux dernières pages et pourtant vous avez réussi à me garder bien présente aux côtés de vos personnages. Ils sont ancrés dans une réalité, mais surtout ils sont uniques et banals à la fois.

Merci madame l’écrivaine, vous m’avez emportée grâce à la puissance de votre écriture.

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TAG – Le baccalauréat de PKJ

– Silence dans la salle !

En cette chaude matinée de juin, seule la voix du surveillant résonne dans la salle de classe. Aucun murmure ne sort de la bouche des élèves. Les sourcils froncés, les lèvres plissées, l’ambiance est aux feuilles de papier froissés et au léger bruissement des plumes contre les copies. Pas un mot et pourtant, à l’intérieur, ça bouillonne. Les chiffres des dates historiques se mélangent à ceux du problème de mathématiques et la question de philosophie trotte encore dans la tête de certains au moment de rédiger la conclusion de l’expression écrite d’anglais. Éprouvantes épreuves sous la chaleur de juin.

A la sortie de l’épreuve, entre les larmes de certains et l’éternel « Tu as répondu quoi à la question 3 ? », certains savent que le plus dur est encore à venir : l’obtention du bac PKJ !


FRANCAIS, citer un livre d’un auteur français dont vous avez apprécié la plume : Les garçons de Xavier Deutsch. Après tout l’amour que j’ai ressenti pour ses mots, il m’est impossible de citer quelqu’un d’autre.

MATHEMATIQUES, citer un livre dont la couverture évoque les maths : Le théorème des Katherine de John Green. Ce livre regorge de formule mathématiques que je ne comprendrais sûrement jamais (heureusement, sa lecture ne nécessite pas d’avoir fait maths spé).

ANGLAIS, citer un livre dont le titre est en anglais (mais le contenu en français) : Hunger Games de Suzanne Collins. Parce que j’ai bien trop tardé avant de le lire.

HISTOIRE, citer un livre dont l’intrigue se déroule dans un passé lointain : Les Colombes du Roi-Soleil d’Anne-Marie Desplat-Duc. En hommage à mon enfance passée au XVIIème siècle.

GEOGRAPHIE, citer un livre dont l’histoire se déroule dans un endroit que vous savez placer sur une carte : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee. Merci à une lubie qui m’a occupée un certain temps à apprendre tous les états des Etats-Unis (c’est pas forcément utile et en plus, ça reste pas).

PHILOSOPHIE, citer un livre qui vous a fait réfléchir : le combo Les Mains sales de Jean-Paul Sartre et Les Justes d’Albert Camus. Parce que j’ai appris que l’un était une réponse à l’autre et que mon professeur de philo n’a pas su m’éclairer.

PHYSIQUE/CHIMIE, citer un livre avec un personnage geek : Blog de Jean-Philippe Blondel. J’avoue que cela fait tellement longtemps que je l’ai lu que je ne sais pas s’il peut réellement prétendre à cette place mais on va supposer que oui.

ECONOMIE, citer un livre dans lequel le héros exerce une activité professionnelle : La dernière valse de Mathilda de Tamara McKinley. Premièrement parce que ce livre est une tuerie, deuxièmement parce que Mathilda assume un travail dit d’hommes alors que personne n’y croit.

SCIENCES, citer un livre où les lettres SCIEN sont présentes dans le titre : L’élégance du hérisson de Muriel Barbery. Celui-ci à clairement le niveau bac.

LV2, citer un livre écrit ni en Français, ni en Anglais : Pierre contre ciseaux d’Inès Garland. Pour toutes les larmes que je n’ai pas réussi à verser. (Et puis comme je trouvais dommage de ne pas exploiter toute la littérature russe de ce semestre, Oblomov de Gontcharov pour le plaisir, avec tout le talent de mon professeur pour me le faire apprécier).

SPORT, citer un livre dans lequel le héros fait de la course à pied/du running : Le labyrinthe de James Dashner. D’accord, d’accord, Thomas court davantage pour sauver sa peau que pour le plaisir, mais de toute façon, je n’ai jamais été douée en sport.

En attente des résultats, mesdames et messieurs le jury, merci de votre attention.

Culottées T2 – Pénélope Bagieu

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You don’t own me – Lesley Gore

Madame la bédéiste,

Encore une fois, j’ai adoré votre travail sur ces femmes aux destins si époustouflants. Je trouve le format BD excellent pour les mettre en scène. Vos dessins et votre humour se marient à merveille pour donner vie à ces petites biographies sur des femmes incroyables. Malgré les sujets parfois très difficile, vous arrivez toujours à nous faire sourire et même rire grâce à un humour bien dosé. J’ai énormément appris, j’ai été surprise, amusée, choquée, bouleversée… Vous mettez ces femmes à l’honneur et elles donnent du courage et de la volonté.

Merci madame la bédéiste, j’ai cru comprendre qu’il s’agissait du dernier et je dois dire que j’aurais encore pu découvrir des destins uniques avec plaisir.

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Les garçons – Xavier Deutsch

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Forever Young – Alphaville

Monsieur l’écrivain,

Votre roman a fait l’effet d’une petite bombe. Dans Les garçons, tout se marie à la perfection. Votre écriture est empreinte d’une telle poésie que votre roman nous emporte dans une sorte d’univers parallèle où l’on ne s’exprime qu’en métaphore. Je dois avouer que ce qui m’a le plus touchée, c’est votre plume qui transpire de beauté mais surtout la modestie qui s’en dégage. A aucun moment je n’ai eu l’impression que vous vous regardiez écrire comme cela peut être le risque lorsqu’on a un tel talent avec les mots.

Vous ne recherchez pas la vérité dans votre roman, simplement une vérité. A travers Arthur, Quentin et Frédéric, c’est un peu une image de l’adolescence qui ressort. La quête d’un « je ne sais quoi » qui paraît si indispensable. J’ai voyagé aux côtés de tous ces personnages et pourtant vous ne m’avez pas emmenée bien loin. Mais ça a suffi pour que j’ai l’impression d’être dans l’inconnu total. Je me suis projetée dans la classe de littérature, je me suis impliquée dans les réflexions des personnages et j’ai vécu des émotions incroyables. Vous m’avez fait passer un moment hors du temps et de l’espace.

Merci monsieur l’écrivain, c’était beau, pur et humble.

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L’odyssée – Jérôme Salle

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Le secret des banquises – Alain Bashung

Monsieur le réalisateur,

Votre film m’a surprise au-delà de mes espérances. Je m’attendais à un simple biopic sur la vie du commandant Cousteau mais votre réalisation offre un message bien plus étendu. La vie du commandant m’est apparue comme passionnante grâce à toute la complexité que vous avez su retranscrire. L’évolution des personnages se fait progressivement autant pour Jacques que pour Philippe. Lambert Wilson et Pierre Niney incarnent parfaitement ces deux personnages et retranscrivent leur profondeur. Audrey Tautou fait une épouse et une mère remarquable mais s’impose aussi comme une des seules figures féminines dans cet univers masculin. Simone est une femme forte, au caractère affirmé. Les personnages secondaires sont tout autant charismatique, notamment Bébert qui prend vie grâce au talent de Vincent Heneine.

Certains plans sont à couper le souffle avec cette immensité de bleu que vous nous offrez à l’écran. Et grâce à la beauté de vos images et du conflit central entre Jacques et Philippe, vous dépassez le biopic et y intégrez un message fort et puissant sur l’écologie.

Merci monsieur le réalisateur, votre film est le fruit d’un travail incroyable qui fonctionne merveilleusement bien.

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Automne – Jan Henrik Nielsen

 

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Octobre – Francis Cabrel

Monsieur l’écrivain,

J’ai été attirée par votre livre avec l’idée d’une dystopie axées sur des personnages plus jeunes, un point de vue dont je n’ai pas l’habitude et que vous m’avez donné envie de découvrir. Toute la première partie, en huit-clos à l’intérieur du bunker, est assez longue mais c’est un moment que j’ai apprécié avec la découverte du quotidien de Nanna et Fride. En revanche, au moment où l’action s’est déclenchée, j’ai été assez déçue. J’ai manqué de frissons et de peur pour les deux jeunes filles alors que la situation est tout de même assez inquiétante. Toutefois, la personnalité des deux petites filles m’a retenue parce que leur façon de faire face à cet évènement contraste avec ce qu’on a l’habitude de voir. Les retournements de situation sont assez bienvenus mais j’aurais aimé qu’ils aient plus d’impact et restent moins anecdotiques.

Merci monsieur l’écrivain, Fride et Nanna sont deux personnages très attachants.

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Comme un frère – Françoise Jay

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Mon frère – Maxime Le Forestier

Madame l’écrivaine,

L’amitié qui lie Lorenzo et Gaspard fait de votre roman une histoire très touchante. Ces deux personnages ont une telle authenticité qu’il est difficile de ne pas s’y attacher. Lorenzo est drôle, expansif et très bavard. A l’inverse, Gaspard a une douceur et une pudeur qui pourrait l’éloigner de Lorenzo. Mais cette différence n’altère pas leur relation et les rapproche d’une manière tellement naturelle que leur amitié en est d’autant plus touchante. Bien sûr, le contexte dans lequel ils se rencontrent joue sur cette sensibilité mais le cadre de l’hôpital n’est pas utilisé pour apitoyer le lecteur. C’est quelque chose de vraiment agréable parce qu’on est davantage prit par les émotions que véhiculent Lorenzo et Gaspard plutôt que par la situation.

J’ai malheureusement été un peu déçue par la fin que j’ai trouvé mignonne et assez bien préparée en y réfléchissant, mais j’aurais aimé une fin qui clôturait mieux l’amitié qui venait de se créer. Toutefois, il n’y a que sur ce point que ma curiosité n’a pas été assouvie. Malgré les nombreux non-dits, je n’ai pas ressenti de frustration parce que je ressentais l’humanité de vos personnages et je comprenais leurs silences.

Merci madame l’écrivaine, votre roman nous offre une belle amitié.

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