Juste la fin du monde – Jean-Luc Lagarce

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La fin de la fin du monde – Calogero

Monsieur l’écrivain,

Je tiens d’abord à m’excuser car je pense ne pas avoir saisi toute la tension dramatique et la beauté poétique du texte. En vérité, je pensais que votre texte serait beaucoup plus abordable. Je n’ai pas vu l’adaptation de Xavier Dolan au cinéma ainsi, ma vision n’a pas été altérée par la sienne. En un sens, c’est une bonne chose, en l’autre, procéder à ma lecture avec une idée déjà formée m’aurait peut-être aidé à mieux appréhender le texte. Votre style est incroyablement complexe. Je suis certaine qu’il y a un enjeu théâtral derrière celui-ci mais j’ai tellement été freinée par la composition que j’ai eu beaucoup de peine à accéder au fond. On m’a dit que votre histoire était forte et touchante et je l’ai ressenti à certains moments mais à chaque fois, j’ai été rattrapée par la forme. Il y a beaucoup de distance entre le lecteur et les personnages. Je n’ai pas réussi à les comprendre et les concevoir.

Merci monsieur l’écrivain. Je m’excuse de cette critique si légère mais votre écriture m’a trop tenue à distance. Le théâtre se joue et ne se lit pas me diriez-vous et vous avez raison, je devrais voir votre pièce.

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Simple – Marie-Aude Murail

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Yalla – Calogero

Yalla – Calogero

Madame l’écrivaine,

J’ai été attirée par Simple juste après ma lecture de Oh boy ! et je les ai presque enchainés, ce qui a suscité divers liens entre vos deux livres dans mon esprit. Cependant, je n’ai jamais été tentée de les comparer. Ce sont deux textes totalement différents même s’ils ont tous deux un thème fort. J’ai beaucoup aimé suivre la vie bien mouvementée de Simple. J’ai trouvé ses petits monologues intérieurs et ses discussions avec Pinpin touchant et m’ont fait sourire. Simple est attachant. A la lecture, le paradoxe entre ses trois et vingt-deux ans ne s’est pas vraiment ressenti. Parfois, la maladie de Simple fusait comme un éclair dans mon esprit avant de s’envoler pour laisser la place à un enfant curieux, débordant d’énergie et plein d’amour. Rien que pour ça merci. Le sujet pourtant fort ne pousse pas au larmoyant, mais porte étonnamment à sourire grâce à la fraicheur des personnages. J’ai beaucoup apprécié Simple bien sûr, qui porte tout le récit, mais aussi Enzo qui a joliment évolué. Je le pensais beaucoup plus individualiste mais son cœur s’ouvre peu à peu au contact de Simple. Je me suis aussi surprise à m’attacher à M. Villedieu que je croyais très froid. Finalement, je me suis très vite rendue compte que les personnages s’adoucissaient au contact de Simple, qu’ils devenaient très vite plus compréhensifs, doux et qu’ils prenaient le temps de vivre et de profiter. Bien sûr, il y a eu quelques exceptions à ce changement, et j’ai trouvé que cela révélait la peur que peut engendrer l’inconnu parfois. J’ai aussi remarqué la légère absence de Kléber. En effet, la difficulté delà maladie reste tout de même présente, par l’abandon du père, la fatigue de Kléber et les difficultés que peuvent rencontrer les personnages.

Merci madame l’écrivaine, de donner tant d’espoir sans omettre la vérité.

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