Être et avoir – Nicolas Philibert

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La chanson de Prévert – Serge Gainsbourg

Monsieur le réalisateur,

Peut-être est-ce parce que vous avez filmé le métier que je rêve d’exercer, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’éprouver beaucoup d’affection pour votre documentaire. Cette petite école de campagne à la classe unique où les grands côtoient naturellement les petits m’a beaucoup touchée. J’ai été admirative de la patience et de la bienveillance de M. Lopez qui incarne l’éducation des films et des romans. La lenteur et l’absence de voix off rendent l’authenticité de ces moments de vie partagés. Il y a une nostalgie qui se dégage d’Etre et avoir, sans que cela ne soit forcé. A la fin, les larmes ont coulées seules, parce que c’était fini et que j’aurai encore pu vivre des années aux côtés de ces enfants.

Merci monsieur le réalisateur, si certains m’ont donné envie d’être institutrice, votre film et M. Lopez m’ont donné envie de persévérer.

5

L’odyssée – Jérôme Salle

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Le secret des banquises – Alain Bashung

Monsieur le réalisateur,

Votre film m’a surprise au-delà de mes espérances. Je m’attendais à un simple biopic sur la vie du commandant Cousteau mais votre réalisation offre un message bien plus étendu. La vie du commandant m’est apparue comme passionnante grâce à toute la complexité que vous avez su retranscrire. L’évolution des personnages se fait progressivement autant pour Jacques que pour Philippe. Lambert Wilson et Pierre Niney incarnent parfaitement ces deux personnages et retranscrivent leur profondeur. Audrey Tautou fait une épouse et une mère remarquable mais s’impose aussi comme une des seules figures féminines dans cet univers masculin. Simone est une femme forte, au caractère affirmé. Les personnages secondaires sont tout autant charismatique, notamment Bébert qui prend vie grâce au talent de Vincent Heneine.

Certains plans sont à couper le souffle avec cette immensité de bleu que vous nous offrez à l’écran. Et grâce à la beauté de vos images et du conflit central entre Jacques et Philippe, vous dépassez le biopic et y intégrez un message fort et puissant sur l’écologie.

Merci monsieur le réalisateur, votre film est le fruit d’un travail incroyable qui fonctionne merveilleusement bien.

5

Pirates des Caraïbes 5 – Joachim Rønning & Espen Sandberg

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Soundtrack Pirates of the Caribbean

Monsieur le réalisateur,

Pirates des Caraïbes est une saga que j’apprécie beaucoup et cette appréciation repose énormément sur la prestation de Johnny Depp. Pourtant, dans ce cinquième volet, le capitaine Jack Sparrow partage la scène de façon plus équitable. L’arrivée du fils de Will Turner est centrale et on retrouve un peu la même mécanique que dans les deux premiers opus. Henry et Carina sont deux personnages incroyables. Lui, a ce caractère Turner qui en fait un personnage attachant grâce à son manque d’expérience masqué par sa bonté ; elle, est brillante et s’impose comme une figure forte et en opposition avec la jeune femme fragile qu’il faut sauver sans cesse. Ces deux personnages sont vraiment au cœur de la réussite de votre film.

J’ai aimé le fait que le capitaine Salazar permette d’en découvrir plus sur la jeunesse de Jack Sparrow. C’est quelque chose qui permet au personnage d’exister un peu plus profondément même s’il est déjà très ancré dans l’imaginaire collectif. Cela renforce le caractère quasi-inexistant de l’évolution de ce personnage, si ce n’est dans sa déchéance. Malgré tout, je dois avouer que votre cinquième opus manquait un peu de Jack Sparrow et de l’humour incarné par Johnny Depp. L’intrigue tourne davantage autour de Will Turner et Jack Sparrow m’est apparu plus comme un outil indispensable à la quête. Bien sûr, j’ai ri à chacune de ses interventions parce que c’est là que réside le but du personnage mais il m’en manquait un peu pour être pleinement satisfaite.

Merci monsieur le réalisateur, votre film s’inscrit parfaitement dans la lignée des précédents malgré un petit bémol sur le taux de présence de Jack Sparrow, bémol qui s’efface grâce aux incroyables Carina et Henry.

4

Tous en scène – Garth Jennings

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Shake it Off – Taylor Swift

Monsieur le réalisateur,

Votre film allie parfaitement douceur et humour. Le choix des personnages animaux n’est pas sans rappeler Zootopie mais c’est quelque chose qui va bien à l’animation : il y a une grande diversité et on s’attache rapidement. J’ai trouvé que les interactions entre les personnages étaient justes mais surtout que l’histoire de chacun était bien exploitée. Pourtant avec le nombre de protagonistes, je ne pense pas que cela ait été facile de ne pas céder et de ne pas se concentrer seulement sur un ou deux. Vos personnages sont traités avec bienveillance et votre film met de bonne humeur, autant par les graphismes que par la bande-son.

Toutefois, Tous en scène n’est pas seulement un film mignon : quelle folie ! Entre la poisse inégalable et le caractère barré de Buster Moon, le personnage principal, le film promet déjà pas mal d’humour. Mais en plus, vous rajoutez à ça des personnages authentiques et maladroit qui entrainent des situations comiques. Et puis avouons-le, imaginer Patrick Bruel se trémousser sur « Call me maybe » m’a beaucoup fait rire.

Merci monsieur le réalisateur, votre film est un doux mélange de sentiment et de folie.

4

Vaiana – Ron Clements et John Musker

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Le bleu lumière – Cerise Calixte

Monsieur le réalisateur,

J’ai trouvé que Vaiana avait des airs de Rebelle dans sa construction. J’ai aimé l’indépendance du personnages, sa force de caractère mais aussi sa maladresse qui en fait un personnage attachant. J’ai également apprécié qu’il n’y est pas d’intrigue amoureuse possible, ce qui change quand même assez des Disney classiques pour être souligné. En bref, le fait que Vaiana puisse exister par elle-même m’a beaucoup plu. Pour ce qui est du scénario, j’ai trouvé la légende bien pensée même si je pense qu’elle aurait pu être davantage étoffée. On s’attarde davantage sur la construction du personnage, ce qui est très bien aussi, plutôt que sur l’intrigue. Je déplore légèrement le fait qu’il n’y ait pas eu plus construction autour de l’univers qui me semblait très prometteur mais l’avancée dont témoigne le personnage de Vaiana me semble pouvoir relever ce léger point négatif.

Du côté graphique, j’ai aimé les couleurs et ces étendues de bleus que promettait le film. Mais surtout, je pense qu’il faut largement applaudir le travail sur les tatouages de Maui qui sont d’une très belle ingéniosité.

Merci monsieur le réalisateur, vous faites preuve d’ouverture et d’originalité dans un film magnifique.

4

A la poursuite de demain – Brad Bird

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Soundtrack Tomorrowland

Monsieur le réalisateur,

Je suis tombée vraiment par hasard sur votre film et j’étais même prête à zapper. Mais finalement, il y a eu un petit quelque chose qui m’a poussée à rester. Alors oui, votre film est peut-être naïf ou je ne sais quel défaut on peut lui trouver, mais qu’est-ce que vous m’avez amusée. J’ai été portée par l’esprit décalé de votre film. J’ai apprécié le côté science-fiction un peu gadget qu’on retrouve au début du film et qui donne lieu à certaines scènes très drôles. Cependant, malgré le côté un peu enfantin, vous faites passer un vrai message : on peut tous changer les choses. Alors certes c’est peut-être un peu bateau comme message à véhiculer mais les circonstances dans lesquelles vous le mettez en place permet de lui donner de la profondeur. A mon avis, le fond écologique est vraiment intéressant dans votre film.

Les personnages sont attachants et leurs défauts font sourire. J’ai beaucoup aimé Athena, véritable voix de la sagesse, je trouve qu’elle est parfaitement incarnée. Pour ce qui est de Casey, son fort tempérament permet de s’attacher au personnage. Elle est jeune, courageuse et débrouillarde. Sa maladresse m’a amusée mais aussi touchée, ce qui fait que je me suis facilement attachée à elle. Dans l’ensemble j’ai aimé l’univers même si j’ai trouvé que certains points auraient pu être davantage travaillés.

Merci monsieur le réalisateur, vous m’avez fait passer un très bon moment, là où je ne m’y attendais pas.

4

La 5ème vague – J. Blakeson

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Alive – Sia

Monsieur le réalisateur,

A la fin du film, je me suis sentie dans une situation de perplexité intense. Et je dois admettre qu’encore à présent, je ne sais pas vraiment comment me positionner face à votre film. J’avais adoré le roman de Rick Yancey et forcément cette appréciation joue sur ma réception du film. Pourtant, je n’y allais pas avec des à priori, et je pense être plutôt ouverte à l’adaptation. En résumé, je ne pense pas que le livre est toujours mieux : je pense qu’il y a deux œuvres distinctes avec un travail différent et évidemment des changements opérés. Toutefois, avec votre film, c’est plus compliqué. Premièrement, j’ai été surprise de voir que le film faisait moins de deux heures. Avec 600 pages, je pense qu’il était fondamental que le film soit un peu plus long. Et effectivement, j’ai vraiment été déçue de l’adaptation. Je trouve dommage que vous survoliez simplement l’action majeure. J’imagine bien que l’adaptation est un travail difficile, mais j’ai vraiment eu du mal à apprécier l’histoire dans son ensemble. Les personnages ne sont pas ou très peu travaillés, je pense que j’aurais eu du mal à m’y attacher si je n’avais pas lu le roman, l’histoire est trop survolée et les explications s’enchainent sans qu’on est véritablement eu le temps de se poser des questions.

Malgré tout, je dois avouer que je ne peux pas détester votre film. Il y a beaucoup d’action, c’est bien une chose qu’on ne peut pas lui enlever, et même si c’est parfois trop pour pouvoir retranscrire l’ambiance mystérieuse que j’avais tant aimé dans le roman, cela permet au film d’avoir une bonne dynamique. Mais ce qui, pour moi, a fait la force de votre film, c’est le choix des acteurs. Je les ai trouvé parfaits dans leur rôle.

Merci monsieur le réalisateur. Il est indéniable qu’il manque du temps à votre film mais vous avez tout de même réussi à me l’ancrer dans la tête.

3

Rogue One – Gareth Edwards

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Jyn Erso & Hope Suite – Michael Giacchino

Monsieur le réalisateur,

A la fin de la séance, j’ai vraiment été surprise lorsque je me suis dit que j’avais préféré Rogue One à Star Wars VII. Pourtant à mes yeux, Rogue One est beaucoup plus marketing que le septième film. Son scénario n’est pas indispensable à la saga, pour preuve, elle s’en est bien passée. Malgré tout, je dois reconnaître que vous m’avez merveilleusement fait oublier cette idée. Alors même si le film apparaît un peu comme une opportunité de combler un vide, il m’a beaucoup plu. Certaines scènes, notamment celles avec un grand angle de vue, sont à couper le souffle, les décors sont minutieusement choisis et on passe de façon fluide d’un univers à un autre, la touche d’humour est savoureuse et bon sang, ces personnages ! Je pense que si j’ai tant apprécié votre film, c’est parce que les personnages sont incroyables. Ils sont charismatiques et restent parfaitement en tête. Jyn a un caractère fort et n’hésite pas à se rebeller, Cassian a les épaules d’un leader, Bodhi m’a fait sourire à chacune de ses apparitions… Même le droïde, qui a un petit côté C-3PO, est excellent. Les personnages ont chacun une identité propre mais sont formés dans une cohérence qui donne envie de les suivre. Le film sait garder un ton humoristique lorsqu’il le faut grâce à des personnages qui sont fait pour incarner le comique mais Rogue One reste tout de même de façon constante dans l’action. Les deux heures sont bien utilisées, je n’ai pas ressenti de flottement, et j’ai trouvé que le temps accordé à chacun des personnages était bien réparti, sauf peut-être Saw pour qui la présence reste anecdotique.

Merci monsieur le réalisateur, même si je devrais vous en vouloir pour cette fin qui me laisse dans un sentiment que je ne saurais expliquer, vous avez su me convaincre avec tant de talent que je vous pardonne.

5

Les Animaux fantastiques – David Yates

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New York New York – Franck Sinatra

Monsieur le réalisateur,

Je ne vous cache pas la joie que j’ai ressenti en entendant les premières notes dans la salle de cinéma. Bien sûr, l’idée d’un nouvel Harry Potter vous séduit dès que l’idée semble possible. Pourtant, je suis allée voir votre film sans attentes particulières. Bien sûr, j’avais envie d’y retrouver tout ce que j’y avais aimé, mais je savais pertinemment que Les Animaux fantastiques étaient le début d’un renouveau. Alors j’ai apprécié les nombreux clins d’œil mais je suis contente que vous n’ayez pas essayé de tout calquer sur les précédents films. Le scénario s’adapte parfaitement cette idée et J.K. Rowling a réussi à garder l’aura de son univers sans tomber dans la nostalgie. Avec un univers sombre, peut-être même d’avantage que dans les derniers Harry Potter, on vise un public plus âgé et l’évolution qu’on pouvait noter dans la saga se poursuit avec ce préquel. J’ai vraiment aimé que l’histoire se déroule dans les Etats-Unis des années 20. On découvre une nouvelle société de sorciers, méconnue jusque là, et l’époque donne beaucoup de cachet au film. Pour ce qui est du scénario en lui-même, j’ai aimé que les différentes intrigues se rejoignent, je trouve que cela permet d’avoir une diversité d’émotions avec des moments comiques lors de la chasse aux animaux échappés et des moments sérieux lors des recherches du MACUSA sur les phénomènes étranges. De plus, cela octroie un bon rythme au film et l’esthétique est déployée à son maximum.

Je trouve les acteurs très bien choisi, notamment Eddie Redmayne et Dan Fogler qui sont excellent. J’émet un peu de réserves sur Tina qui reste assez discrète, un peu dans l’ombre de sa pétillante sœur, et même si le personnage veut ça, je trouve dommage d’avoir si peu de souvenirs de la performance de Katherine Waterson. En revanche, Jacob et Norbert forment un duo parfait, décalé et drôle. J’ai adoré Norbert qui est un personnage très attachant. J’ai aimé ses maladresses et son côté un peu gauche qu’il parvient toujours à contrer grâce à ses aptitudes et son calme face à toutes les situations. Je trouve que c’est le personnage principal idéal : pas absolument imbattable, maladroit mais intelligent et futé. Dans l’ensemble, les autres personnages sont très bien travaillés, je pense notamment à Graves dont le charisme est impressionnant.

Merci monsieur le réalisateur, vous avez réussi à démarquer Les Animaux fantastiques d’une saga qui reste dans l’esprit de tout le monde.

5

Frantz – François Ozon

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Chanson d’automne – Léo Ferré

Monsieur le réalisateur,

Véritable petite pépite, votre film mêle douceur, mélancolie et dureté. Il s’en dégage une beauté fragile et m’a laissée en admiration devant tant de poésie. L’histoire est touchante et votre interprétation m’a donné l’envie de découvrir l’œuvre originale de Maurice Rostand. Cependant, je suis ravie d’avoir rencontré ce drame avec vous, sans en connaître d’avantage. Le scénario m’a vraiment plu. Rien ne va vite dans votre film. On prend le temps. Il y a une lenteur dans le déroulé de l’action mais ce n’est absolument pas négatif. Elle contribue à la douceur et la fragilité qui se dégage tout du long. Je pense que le noir et blanc ainsi que le fait qu’il y est de nombreux dialogues en Allemand contribuent à cet effet. Votre film est authentique. Les relations sont humaines. Le choix des acteurs est merveilleusement bien effectué et j’ai beaucoup aimé la prestation de Paula Beer. Elle incarne parfaitement la douceur d’Anna tout en lui conférant une force incroyable. Anna est sublime. Elle est tout à la fois. J’ai adoré la partie où elle récite Verlaine. J’ai trouvé que c’était un moment magique. Mais après tout, de nombreuses scènes sont magiques dans votre film.

Les autres acteurs font preuve d’un talent tout aussi important. Pierre Niney fait un Adrien incroyable et incarne la fragilité et le tourment de ce personnage à la perfection. C’est un rôle qui oublie le côté un peu gauche et maladroit qu’il peut avoir dans certains films et qui révèle une profondeur et une gravité touchante. Ernst Stötzner et Marie Gruber sont eux aussi parfait dans le rôle des parents de Frantz. Il y a une dualité entre les personnages avec à la fois une complémentarité. Je l’ai ai trouvé très attachants.

Merci monsieur le réalisateur, cette pureté et cette douceur qui se dégage de votre film est incroyablement touchante et laisse dans le cœur une poussière en noir et blanc.

5