Miss Alabama et ses petits secrets – Fannie Flagg

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Happy Ending – Mika

Madame l’écrivaine,

Votre roman est drôle, amusant et empreint d’une grande fraicheur. Vous nous faites passer un bon moment avec des aventures rocambolesques et des personnages hauts en couleurs. Pourtant, vous écrivez sur un thème dur qui pourrait facilement tomber dans le pathétique. Maggie fait un personnage suicidaire hors du commun qui ne provoque pas la pitié. Elle mène sa petite vie tranquille et méthodique jusqu’à atteindre son but : sa disparition programmée. J’ai trouvé le début assez lent mais l’ambiance est agréable et permet de ne pas voir le temps passer. De plus, il n’y a aucune action majeure qui se fait vraiment attendre et le roman garde sa ligne de conduite tout du long. Seules les recherches menées sur le mystérieux propriétaire de Crestview donne plus d’activité au récit mais je les ai trouvées assez anecdotiques d’autant plus que ces passages sur le passé de la ville rompent un peu le rythme entrainant du reste du roman.

Merci madame l’écrivaine, même si votre roman n’a pas été marquant, il reste un très bon moment pour se sentir bien.

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En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut

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Mr Bojangles – Nina Simone

Monsieur l’écrivain,

J’hésitais un peu à lire votre roman près l’avoir vu placardé un peu partout, librairie, gare, métro, tout y passait. Et finalement, je me suis dit pourquoi pas ? Pourquoi pas, après tout, vous laisser la même chance qu’aux autres, sans a priori ? Finalement, j’ai bien dû me rendre compte que votre roman était beau, tendre et poignant. Une jolie histoire d’amour un peu compliquée et trop adulte mêlée à la candeur et l’innocence de l’enfance. Ce qui est surprenant dans votre roman, c’est qu’il n’existe pas un personnage pour chaque aspect de votre histoire : ils les représentent tous à la fois, à des degrés différents.

L’écriture et le système narratif est original et votre style a un véritable air de Boris Vian, mais en plus mesuré. L’univers est très incarné mais tout de même facilement accessible. J’ai été étonnée du charisme de vos personnages alors qu’ils manquent cruellement d’identité. Votre écriture demande la confiance du lecteur et on ne peine pas à vous l’accorder.

Merci monsieur l’écrivain, vous m’avez amenée là où je ne m’y attendais pas.

P.S. Merci également pour vos références, parce qu’à en juger par les commentaires sous la voix de Nina Simone, nombreux sont ceux qui sont là grâce à vous.

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Corniche Kennedy – Maylis de Kerangal

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Comme des enfants – Cœur de pirate

Madame l’écrivaine,

J’ai réfléchis pendant longtemps pour essayer de comprendre ce qui m’avait tant plu dans votre roman. Finalement, après une semaine de réflexion, je ne saurais toujours pas définir ce qui m’a fait vibrer. J’ai plongé dans l’ambiance estivale de votre livre sans difficultés. Votre écriture permet une large visualisation de l’univers ambiant. J’aime votre plume parce qu’elle est simple et contemplative qui fait vivre votre histoire sans efforts. La trame de l’histoire n’est pas ce qui m’a le plus intéressée, c’est davantage ce que vous en avez fait. Le scénario n’est pas palpitant, du moins jusqu’aux dernières pages et pourtant vous avez réussi à me garder bien présente aux côtés de vos personnages. Ils sont ancrés dans une réalité, mais surtout ils sont uniques et banals à la fois.

Merci madame l’écrivaine, vous m’avez emportée grâce à la puissance de votre écriture.

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Les garçons – Xavier Deutsch

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Forever Young – Alphaville

Monsieur l’écrivain,

Votre roman a fait l’effet d’une petite bombe. Dans Les garçons, tout se marie à la perfection. Votre écriture est empreinte d’une telle poésie que votre roman nous emporte dans une sorte d’univers parallèle où l’on ne s’exprime qu’en métaphore. Je dois avouer que ce qui m’a le plus touchée, c’est votre plume qui transpire de beauté mais surtout la modestie qui s’en dégage. A aucun moment je n’ai eu l’impression que vous vous regardiez écrire comme cela peut être le risque lorsqu’on a un tel talent avec les mots.

Vous ne recherchez pas la vérité dans votre roman, simplement une vérité. A travers Arthur, Quentin et Frédéric, c’est un peu une image de l’adolescence qui ressort. La quête d’un « je ne sais quoi » qui paraît si indispensable. J’ai voyagé aux côtés de tous ces personnages et pourtant vous ne m’avez pas emmenée bien loin. Mais ça a suffi pour que j’ai l’impression d’être dans l’inconnu total. Je me suis projetée dans la classe de littérature, je me suis impliquée dans les réflexions des personnages et j’ai vécu des émotions incroyables. Vous m’avez fait passer un moment hors du temps et de l’espace.

Merci monsieur l’écrivain, c’était beau, pur et humble.

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Comme un frère – Françoise Jay

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Mon frère – Maxime Le Forestier

Madame l’écrivaine,

L’amitié qui lie Lorenzo et Gaspard fait de votre roman une histoire très touchante. Ces deux personnages ont une telle authenticité qu’il est difficile de ne pas s’y attacher. Lorenzo est drôle, expansif et très bavard. A l’inverse, Gaspard a une douceur et une pudeur qui pourrait l’éloigner de Lorenzo. Mais cette différence n’altère pas leur relation et les rapproche d’une manière tellement naturelle que leur amitié en est d’autant plus touchante. Bien sûr, le contexte dans lequel ils se rencontrent joue sur cette sensibilité mais le cadre de l’hôpital n’est pas utilisé pour apitoyer le lecteur. C’est quelque chose de vraiment agréable parce qu’on est davantage prit par les émotions que véhiculent Lorenzo et Gaspard plutôt que par la situation.

J’ai malheureusement été un peu déçue par la fin que j’ai trouvé mignonne et assez bien préparée en y réfléchissant, mais j’aurais aimé une fin qui clôturait mieux l’amitié qui venait de se créer. Toutefois, il n’y a que sur ce point que ma curiosité n’a pas été assouvie. Malgré les nombreux non-dits, je n’ai pas ressenti de frustration parce que je ressentais l’humanité de vos personnages et je comprenais leurs silences.

Merci madame l’écrivaine, votre roman nous offre une belle amitié.

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Gatsby le magnifique – Francis Scott Fitzgerald

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What a wonderful world – Louis Armstrong

Monsieur l’écrivain,

Ce n’est qu’après avoir vu l’adaptation cinématographique (celle de 2013), dans le cadre de mon cours de littérature et cinéma que je me suis dit qu’il fallait que je lise votre roman. Votre histoire est passionnante bien que l’action n’arrive que très tardivement. Le cadre des années folles surplombé par une histoire d’amour pas comme les autres m’a séduite. Vous avez un style simple, agréable à lire, et le point de vue de Nick est intéressant. L’intérêt de ce personnage réside dans sa position de spectateur des faits et son attachement à Gatsby permet une compassion du lecteur. Il fait merveilleusement bien le lien entre les personnages et le lecteur.

Bien que la romance soit un point essentiel de votre roman, Gatsby n’en reste pas moins le fil rouge. Toute l’intrigue tourne autour de ce personnage mystérieux et charismatique. J’ai été touchée par sa passion et parfois agacée de son caractère mystérieux et cachotier. Malgré tout, le personnage auquel je me suis le plus attachée reste Nick grâce à son dévouement et au détachement qu’il a sur son époque.

Merci monsieur l’écrivain, pour votre façon si authentique de raconter l’amour, avec ses passions et ses désillusions.

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La dernière valse de Mathilda – Tamara McKinley

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Mon enfance – Barbara

Madame l’écrivaine,

Votre livre est incroyable. J’ai passé un tel moment en compagnie de votre plume que je ne sais comment vous expliquer les émotions que vous m’avez fait ressentir. Je sentais la chaleur du bush australien et ressentais les émotions de Jenny et Mathilda. Dès le tout début, je me suis prise d’affection pour Mathilda et à la fin du prologue, j’étais même triste de la voir laisser place à Jenny. Pourtant, peu à peu, je me suis surprise à adorer l’une autant que l’autre. Leurs deux présents sont merveilleusement liés par la proximité spatiale et surtout la lecture des journaux de Mathilda. Les moments de transition sont bien choisis, laissant un petit goût de frustration assez présent pour ne pas avoir envie de lâcher le livre mais discret pour apprécier le moment suivant.

Je n’ai jamais ressenti de longueurs malgré le fait que l’action ne soit pas omniprésente. J’ai aimé les tranches de vie dans l’outback et les moments de contemplation. Les personnages sont très incarnés et on prend le temps de les découvrir, de s’attacher à eux. Le mélange de quête, d’amour et de grands espaces a totalement fonctionné pour moi. Tout s’assemble avec une harmonie déconcertante, j’ai été comblée. Du début à la fin, vous avez brillamment tissé un fil qui m’a enveloppée sous la chaleur écrasante du soleil australien.

Merci madame l’écrivaine, vous m’avez fait rire et pleurer.

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Flora Banks – Emily Barr

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Héroes de la Antártida – Mecano

Madame l’écrivaine,

La lecture de votre roman a été pour moi partagée et pourtant, j’en garde un bon souvenir. L’explication réside dans le fait que votre histoire se construit en crescendo, petit à petit jusqu’à une explosion finale. Et une fois qu’on a vu le feu d’artifice, on ne peut qu’apprécier la montée en tension précédente. Dans un premier temps, j’ai eu de la peine à me plonger dans votre récit. Le point de vue interne de Flora a été assez pesant pour moi. Son histoire sans cesse répétée a failli m’avoir à l’usure finalement. Malgré tout, je me suis accrochée parce que je sentais que Flora le méritait. Sa douceur, sa fragilité et sa combativité ont fait que je me suis rapidement attachée à elle. Et même si j’étais freinée par le fait de subir moi aussi son handicap, cela m’a permis de mieux comprendre ses émotions parce que moi aussi je ressentais l’agacement et le désarroi.

Le récit est superbement construit. Des détails deviennent des clefs pour comprendre le dénouement et des questions se posent sans cesse. J’ai été un peu attristée par la fin qui, je trouve, se clôt un peu trop rapidement même si le propos est mené jusqu’au bout. J’avoue que j’aurai aimé suivre Flora un peu plus loin dans sa vie.

Merci madame l’écrivaine, après un début lent, vous avez fait exploser votre histoire pour la rendre addictive.

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Lettres de l’intérieur – John Marsden

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La lettre – Renan Luce

Monsieur l’écrivain,

J’ai eu beaucoup de chance de tomber sur votre livre par le plus grand des hasards, car je pense qu’il aurait très bien pu passer inaperçu à mes yeux. Et face à mon ressenti devant votre roman, cela aurait été bien dommage. Vous avez fait l’effet d’une petite bombe dans mon cœur. J’ai dévoré l’échange épistolaire entre Mandy et Tracey. A un moment, je me suis dit que cela serait amusant de lire chaque lettre avec le nombre de jours d’attente adéquat. Autant vous dire que je n’y ai pas pensé longtemps : amusant, oui, possible à effectuer pour moi, non. Je me suis rapidement attachée aux deux jeunes filles et à l’ambiance que j’ai vu qualifiée d’un peu « datée » par certains. Eh bien, je l’avoue, j’aime les ambiances un peu « datée ». Je me suis sentie submergée de nostalgie, comme si je retrouvais un échange auquel j’avais moi-même prit part.

Tout au long de la première partie, j’ai attendu avec impatience la révélation. Elle n’est certes pas très inattendue ou surprenante mais il règne une telle tension au fil des pages que je ne pouvais m’empêcher d’enchainer les lettres à la suite pour enfin savoir. Et lorsqu’arrive la seconde partie, l’intrigue ne retombe pas. Jusqu’à la fin, vous prenez le parti de ne pas ménager le lecteur. Je doute fort que vous ayez fait cela pour que l’on vous déteste en refermant votre livre (si c’est vraiment le cas, laissez-moi vous dire que c’est réussi). Avec l’absence de votre voix ou celle de tout narrateur, j’ai eu davantage l’impression que vous vous positionniez en simple intermédiaire entre les deux jeunes filles et le lecteur. Vous êtes totalement absent et vous ne nous donnez aucune clefs supplémentaires que celles qu’auraient pu réellement avoir Mandy et Tracey. Alors oui, je vous ai détesté pour ça, pour mon incompréhension à la fin du livre mais c’est ça qui fait la force de cet échange et qui rend Mandy et Tracey si vraies. Vous ne les faites pas vivre. Elles vivent, tout simplement.

Merci monsieur l’écrivain, votre livre va me hanter encore longtemps.

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Et mes yeux se sont fermés – Patrick Bard

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Jeunesse lève-toi – Damien Saez

Monsieur l’écrivain,

Le thème de votre livre m’a attirée. Je pense que le terrorisme est aujourd’hui un thème qui touche tout le monde. A présent, on vit avec et certains enfants sont désormais né sans connaître autre chose que l’état d’urgence. Votre livre tente de comprendre et je pense un très bon moyen de traiter de ce sujet. Cela vous permet de rester objectif tout en présentant les différents points de vue. C’est au lecteur à faire la part des choses entre les réactions des proches de Maëlle et celles des jeunes embrigadés. Je pense que c’est ce qui m’a le plus plu, d’être moi-même confrontée à différents points de vue. Vous n’êtes pas moralisateur et je n’ai pas eu l’impression de lire un sermon. Vous rendez compte de cet évènement et c’est déjà bien suffisant pour faire comprendre toute la complexité de l’embrigadement.

Toutefois, j’ai parfois eu du mal avec certaines choses. Je sais que cela découle de ce choix de faire parler Ayat, jadis Maëlle, au même titre que les autres mais j’ai parfois été dérangée. J’ai ressenti des émotions contradictoires et j’ai été plongée dans un paradoxe. Je voyais à quel point la jeune fille était persuadée de faire le bien avec ce choix mais j’étais repoussée par l’idée de comprendre. Je n’avais pas envie de me solidariser à elle parce que je ne peux bien évidemment pas cautionner son choix. Mais peu à peu vous nous plongez dans ce sentiment d’incertitude, de compassion envers Maëlle qui pense sauver le monde. C’est un sentiment que j’ai eu beaucoup de difficulté à accepter. A présent, je comprends que c’est important de comprendre pour pouvoir aider.

Merci monsieur l’écrivain. Vous m’avez parfois mise dans une situation difficile que j’ai eu du mal à accepter. Mais après tout, c’est le rôle de l’écrivain de nous bousculer.

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