Blood family – Anne Fine

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Vivre ou survivre – Balavoine

Madame l’écrivaine,

Avec votre roman, vous nous entrainez dans un sentiment étrange, partagé entre avidité d’informations et culpabilité. Dès le début, vous instaurez un côté glauque et voyeur qui plonge le lecteur dans un sentiment de malaise. Cela a très bien marché avec moi, je me sentais coupable de ressentir cette envie d’en apprendre plus sur l’enfance terrible d’Edward mais je ne pouvais pas la réfréner. Je me suis beaucoup attachée à Eddie. Les passages de son points de vue étaient toujours intéressants, d’abord parce qu’ils témoignaient de sa grande intelligence mais aussi parce que son recul sur les évènements permet de mieux comprendre ses erreurs sans que tout ne soit trop prévisible.

Pendant plusieurs années, le petit garçon subit les maltraitances de son beau-père Harris. Entre les coups portés à sa mère et l’indifférence qu’il subit, le sujet dur et cru est bien présent. Pourtant, vous vous efforcez à ne pas trop en rajouter. Vous avez bien compris que cela est suffisant à choquer, vous n’en faites pas « des tonnes » pour attirer le lecteur et cela fonctionne : Blood family est un véritable page turner grâce à la sensation de déchéance imminente. Pas besoin de passer des pages et des pages à nous faire frissonner devant l’horreur, elle est là seulement quand il le faut et le reste du temps, elle se fait ressentir. Le roman chorale est bien étudié et permet de provoquer cette sensation de chute proche, un peu à la manière d’un témoignage. De plus, le temps de parole accordé aux personnages est en adéquation avec leur importance.

Merci madame l’écrivaine, votre dosage parfait donne une grande stabilité à votre roman.

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Les jours sucrés – Loïc Clément & Anne Montel

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Ton héritage – Benjamin Biolay

Madame la dessinatrice, monsieur l’écrivain,

Comment commencer autrement que par exprimer la douceur de votre bande-dessinée ? C’est tellement mielleux et sucré qu’on a l’impression de plonger dans un pot de confiture. Cela pourrait être perçu comme péjoratif mais dans votre cas, c’est tant en accord avec l’univers que vous avez tissé autour de votre bande-dessinée. Pas d’actions ou de péripéties aventurières mais une quête d’identité, un retour aux sources qui sent la brioche dorée. Les personnages sont incroyablement attachants. La sympathie qu’ils dégagent se retrouve dans les lieux qui ont un aspect rassurant. J’ai beaucoup apprécié Gaël et Marronde. Lui, est très vivant, un peu enfantin avec des allures de galopin, elle, est d’un humour tordant. J’ai aimé l’évolution d’Eglantine, ses retours en enfance marqués par des dessins en noir et blanc, comme des souvenirs un peu vieillis. Apprendre son passé et découvrir avec elle les secrets de sa vie m’a beaucoup plu. On la voit changer peu à peu, passer du visage froid forgé par Paris au sourire retrouvé grâce à la douceur de Klervi.

Les dessins sont le reflet de la douceur du texte. Les traits sont doux et le soucis du réalisme n’est pas une priorité. Plutôt que de traiter la colère avec dureté, vous préférez la dépeindre avec humour, ce qui toutefois n’amoindri pas votre propos. J’ai aimé la mise en page, le fait que les cases n soient pas réellement définie, qu’il y est cette liberté d’arrêter la couleur où bon vous semble. La prise de parole des chats sur les pages de chapitres m’ont fait sourire, sourire que j’ai gardé en refermant votre livre.

Merci madame la dessinatrice et monsieur l’écrivain, un vent de douceur sucrée s’est abattu sur moi.

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Lucien Lucien – Anne Houdy

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Qui a le droit – Patrick Bruel

Madame l’écrivaine,

Votre livre me semblait très prometteur. Je n’avais jamais lu de livre dont le sujet portait sur le sentiment d’abandon d’un enfant si jeune. Ce dur sujet et le ton enfantin que procurait Lucien me semblaient un bon mélange afin de faire passer le lourd message avec un peu douceur. J’ai bien aimé Lucien. C’est un petit garçon très intelligent et un peu perdu. Sa façon de détourner les propos des adultes dans son esprit d’enfant était très drôle et le rendait attachant. C’était parfois difficile de le suivre tant son esprit vagabondait à une vitesse incroyable mais il restait tout de même abordable. Et malheureusement, c’est bien le seul personnage. Je suis complètement passée à côté des autres personnages. La maman absente, la famille peu accueillante, les professeurs excédés… J’ai eu beaucoup de mal à comprendre les adultes de votre roman. Personne ne veut de ce pauvre enfant qui souffre de l’abandon et ne demande qu’un peu d’amour et d’affection. Je n’ai pas réussi à comprendre les motivations des personnages, tout le monde avait l’air perdu dans ce roman, je n’ai pas trouvé de figure forte qui faisait office de pilier pour tenir l’histoire. Le seul personnage que j’ai trouvé lucide est Lucien mais sa position ne me permettait pas de me reposer sur lui. Il pleut beaucoup dans votre roman et pour Lucien, tout apparaît gorgé d’eau. J’ai un peu eu cette impression. Pour moi, votre roman est gorgé d’un énorme potentiel mais la brume m’a empêché de comprendre. En refermant le livre, j’ai eu l’impression d’être passée à côté, d’avoir raté toute la symbolique de votre roman.

Merci madame l’écrivain et désolé, je n’ai pas réussi à lire correctement votre livre.

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Oh boy ! – Marie-Aude Murail

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Boys don’t cry – The Cure

Madame l’écrivaine,

Oh, boy ! a été un véritable ascenseur émotionnel. Je ne m’attendais pas à avoir le cœur tant serré et le sourire aux lèvres de si nombreuses fois. Les émotions sont clairement au rendez-vous dans votre roman sans qu’elles ne paraissent forcées. Je me suis sentie réellement touchée par l’histoire de ces trois orphelins. Je ne m’attendais certainement pas aux évènements qui révélés au fur et à mesure de l’histoire. Vous m’avez beaucoup surprise. Vous avez touché à tant de sujets si difficiles, si complexes, si personnels. Vous vous affranchissez sans gêne des tabous et j’ai trouvé que vous révéliez la vie dans sa dureté sans pencher de façon inquiétante dans le larmoyante. Vos personnages donnent de la fraicheur à votre récit difficile. J’ai été profondément touchée par Bart, Venise et Siméon. Je me suis rapidement attachée à eux, ce sont des personnages émouvant mais toujours très drôle et ils m’ont fait beaucoup sourire. Par contre, j’ai peu été attachée à Morgane, timide et solitaire, que j’ai trouvée très effacée. C’était bien sûr en accord avec son caractère mais j’aurais aimé la voir un peu plus, la voir grandir et gagner en autonomie, elle qui est toujours présentée comme l’ombre de son frère. Cependant, je l’ai toujours plus appréciée que Josiane que je n’ai vraiment pas aimée.

Votre style m’a beaucoup plu. Votre écriture est simple mais retranscrit bien les émotions et fait passer du rire aux larmes. J’ai beaucoup aimé votre façon d’intituler les chapitres, certains m’ont fait beaucoup sourire et d’autres m’ont fait comprendre certains choix. J’ai été portée par vos mots et je me sentais intégrée dans la fratrie, quémandant les bisous de Venise, discutant de livres avec Siméon et Morgane, taquinant Bart.

Merci madame l’écrivaine. Vous m’avez prouvé que même dans les moments les plus difficiles, il faut garder espoir, un sourire n’est jamais loin.

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