Les jours sucrés – Loïc Clément & Anne Montel

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Ton héritage – Benjamin Biolay

Madame la dessinatrice, monsieur l’écrivain,

Comment commencer autrement que par exprimer la douceur de votre bande-dessinée ? C’est tellement mielleux et sucré qu’on a l’impression de plonger dans un pot de confiture. Cela pourrait être perçu comme péjoratif mais dans votre cas, c’est tant en accord avec l’univers que vous avez tissé autour de votre bande-dessinée. Pas d’actions ou de péripéties aventurières mais une quête d’identité, un retour aux sources qui sent la brioche dorée. Les personnages sont incroyablement attachants. La sympathie qu’ils dégagent se retrouve dans les lieux qui ont un aspect rassurant. J’ai beaucoup apprécié Gaël et Marronde. Lui, est très vivant, un peu enfantin avec des allures de galopin, elle, est d’un humour tordant. J’ai aimé l’évolution d’Eglantine, ses retours en enfance marqués par des dessins en noir et blanc, comme des souvenirs un peu vieillis. Apprendre son passé et découvrir avec elle les secrets de sa vie m’a beaucoup plu. On la voit changer peu à peu, passer du visage froid forgé par Paris au sourire retrouvé grâce à la douceur de Klervi.

Les dessins sont le reflet de la douceur du texte. Les traits sont doux et le soucis du réalisme n’est pas une priorité. Plutôt que de traiter la colère avec dureté, vous préférez la dépeindre avec humour, ce qui toutefois n’amoindri pas votre propos. J’ai aimé la mise en page, le fait que les cases n soient pas réellement définie, qu’il y est cette liberté d’arrêter la couleur où bon vous semble. La prise de parole des chats sur les pages de chapitres m’ont fait sourire, sourire que j’ai gardé en refermant votre livre.

Merci madame la dessinatrice et monsieur l’écrivain, un vent de douceur sucrée s’est abattu sur moi.

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Lucien Lucien – Anne Houdy

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Qui a le droit – Patrick Bruel

Madame l’écrivaine,

Votre livre me semblait très prometteur. Je n’avais jamais lu de livre dont le sujet portait sur le sentiment d’abandon d’un enfant si jeune. Ce dur sujet et le ton enfantin que procurait Lucien me semblaient un bon mélange afin de faire passer le lourd message avec un peu douceur. J’ai bien aimé Lucien. C’est un petit garçon très intelligent et un peu perdu. Sa façon de détourner les propos des adultes dans son esprit d’enfant était très drôle et le rendait attachant. C’était parfois difficile de le suivre tant son esprit vagabondait à une vitesse incroyable mais il restait tout de même abordable. Et malheureusement, c’est bien le seul personnage. Je suis complètement passée à côté des autres personnages. La maman absente, la famille peu accueillante, les professeurs excédés… J’ai eu beaucoup de mal à comprendre les adultes de votre roman. Personne ne veut de ce pauvre enfant qui souffre de l’abandon et ne demande qu’un peu d’amour et d’affection. Je n’ai pas réussi à comprendre les motivations des personnages, tout le monde avait l’air perdu dans ce roman, je n’ai pas trouvé de figure forte qui faisait office de pilier pour tenir l’histoire. Le seul personnage que j’ai trouvé lucide est Lucien mais sa position ne me permettait pas de me reposer sur lui. Il pleut beaucoup dans votre roman et pour Lucien, tout apparaît gorgé d’eau. J’ai un peu eu cette impression. Pour moi, votre roman est gorgé d’un énorme potentiel mais la brume m’a empêché de comprendre. En refermant le livre, j’ai eu l’impression d’être passée à côté, d’avoir raté toute la symbolique de votre roman.

Merci madame l’écrivain et désolé, je n’ai pas réussi à lire correctement votre livre.

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Le Vent de la jeunesse – Georges-Patrick Gleize

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 Bella Ciao – Inconnu

Monsieur l’écrivain,

Cette chronique m’apparaît plus difficile à écrire car avant de vous voir comme écrivain, je vous vois d’abord comme professeur. Je connaissais déjà un peu l’histoire de ce roman puisque vous nous en aviez parlé, un jour en fin d’année où nous étions très peu, entre autres Melissa, Lydie, Mona et moi. Après que vous ayez raconté la trame du roman que vous étiez encore en train d’écrire, j’avais laissé cette histoire de côté. Et j’ai finit par vouloir savoir la suite. J’ai beaucoup aimé la situation des années 80, et comme chez vous, tout peut sonner comme une anecdote, je pouvais presque vous entendre raconter la fumé dans les locaux de la rédaction. Vraisemblablement, vous avoir eu comme professeur m’a rapproché de votre écriture. J’ai pu y reconnaître vos subtilités de langage, comme le fait de dire living par exemple, ou encore déceler votre intonation. J’ai beaucoup aimé le personnage de Flore. Son quotidien parisien m’a intéressée. Je ne pensais pas qu’Anna serait autant au centre du récit. La toile de fond de la seconde guerre m’a plu mais j’ai ressenti quelques longueurs environ à la moitié du livre. La vie au barrage me semblait morne et terne, et c’était sûrement le cas à l’époque pour la jeune Anna. J’ai apprécié les quelques retours au présent qui me permettaient de me remettre dans l’histoire. Malgré cela, j’ai été intriguée par le passé de Flore et l’envie de savoir et comprendre m’a menée jusqu’au bout.

Finalement, votre roman offre bien plus qu’une intrigue familiale. Il met en scène un choc de génération entre Flore, sa mère et sa grand-mère. Ces trois femmes ont un point commun, leur fort caractère, mais sont très différentes. Vous expliquez cela par l’histoire et ces évènements ce qui permet d’enrichir votre texte. Votre roman permet de passer un bon moment mais aussi d’en apprendre un peu plus sur chacune de ces générations.

Merci monsieur l’écrivain, pour ce roman inter-génération qui plonge dans le passé et pour cette riche année d’histoire passée à vos côtés.

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On est tous faits de molécules – Susin Nielsen

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Je suis un zèbre – Tiana

Madame l’écrivaine,

Malgré son côté plutôt enfantin, votre livre aborde des sujets assez important : la mort, le deuil, l’homosexualité, la précocité. Autant de sujets sensibles sont présentés dans On est tous faits de molécules. Il est vrai que cela faisait beaucoup de choses à développer et j’ai trouvé que c’était assez condensé. Je ne vais pas dire que c’était mal abordé, cela serait un mensonge, mais j’aurais préféré qu’il y est plus de développement, qu’on aille plus en profondeur. J’ai conscience que le public visé est plutôt jeune, comme en témoigne le style que j’ai trouvé simple, mais je pense que les sentiments des personnages auraient pu être plus approfondis. Pour moi, les sujets ont été traités sur la partie haute de l’iceberg, sans chercher à aller plus loin. C’est surement un parti pris, notamment pour être en accord avec le jeune public. Je comprends que développer plus profondément chacun des différents sujets abordés aurait demandé beaucoup plus de place, au risque de perdre le jeune lectorat. Il est donc normal que le texte paraisse simplement présenter les sujets, comme une entrée en matière.

Comme je l’ai déjà dit, le style m’est apparu comme simple, mais en accord avec les choix effectués. Je ne sais pas trop quoi penser du texte à deux voix. En effet, j’ai apprécié pouvoir suivre Ashley car cela m’a permis de mieux la comprendre et d’accepter ses réactions parfois extrêmes. Cependant, j’étais plus à l’aise avec Stewart, qui de par ses facilités intellectuelles, me paraissait plus mature. J’ai eu beaucoup de mal avec la superficialité d’Ashley, je l’ai trouvée banale et peu attachante. J’ai également trouvé que de nombreux autres personnages étaient trop effacés, comme le père de Stewart ou encore Caroline. En revanche, j’ai apprécié la fraicheur de Stewart et la gentillesse du père d’Ashley.

Merci madame l’écrivaine, malgré que j’ai trouvé votre livre trop « léger » pour moi, je pense qu’il permet d’ouvrir l’esprit sur des sujets difficiles.

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Oh boy ! – Marie-Aude Murail

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Boys don’t cry – The Cure

Madame l’écrivaine,

Oh, boy ! a été un véritable ascenseur émotionnel. Je ne m’attendais pas à avoir le cœur tant serré et le sourire aux lèvres de si nombreuses fois. Les émotions sont clairement au rendez-vous dans votre roman sans qu’elles ne paraissent forcées. Je me suis sentie réellement touchée par l’histoire de ces trois orphelins. Je ne m’attendais certainement pas aux évènements qui révélés au fur et à mesure de l’histoire. Vous m’avez beaucoup surprise. Vous avez touché à tant de sujets si difficiles, si complexes, si personnels. Vous vous affranchissez sans gêne des tabous et j’ai trouvé que vous révéliez la vie dans sa dureté sans pencher de façon inquiétante dans le larmoyante. Vos personnages donnent de la fraicheur à votre récit difficile. J’ai été profondément touchée par Bart, Venise et Siméon. Je me suis rapidement attachée à eux, ce sont des personnages émouvant mais toujours très drôle et ils m’ont fait beaucoup sourire. Par contre, j’ai peu été attachée à Morgane, timide et solitaire, que j’ai trouvée très effacée. C’était bien sûr en accord avec son caractère mais j’aurais aimé la voir un peu plus, la voir grandir et gagner en autonomie, elle qui est toujours présentée comme l’ombre de son frère. Cependant, je l’ai toujours plus appréciée que Josiane que je n’ai vraiment pas aimée.

Votre style m’a beaucoup plu. Votre écriture est simple mais retranscrit bien les émotions et fait passer du rire aux larmes. J’ai beaucoup aimé votre façon d’intituler les chapitres, certains m’ont fait beaucoup sourire et d’autres m’ont fait comprendre certains choix. J’ai été portée par vos mots et je me sentais intégrée dans la fratrie, quémandant les bisous de Venise, discutant de livres avec Siméon et Morgane, taquinant Bart.

Merci madame l’écrivaine. Vous m’avez prouvé que même dans les moments les plus difficiles, il faut garder espoir, un sourire n’est jamais loin.

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