Maïté coiffure – Marie-Aude Murail

Image108.png


Je ne veux pas de ton amour – Barbara Weldens

Madame l’écrivaine,

Plus je vous lis et plus j’aime votre écriture. Votre plume est merveilleusement agréable. Il y a toujours une pointe d’humour discrète très agréable et une présence du narrateur pudique. Je pense que c’est ce qui permet aux lecteurs de tout âge d’apprécier vos romans : le style est simple et accessible aux plus jeunes mais cache assez de surprise pour montrer aux plus grands qu’ils ne sont pas oubliés. L’histoire est amusante et mignonne avec un fond très profond. Vous traitez de l’adolescence en générale mais aussi et surtout de l’autonomie, les choix, l’indépendance, l’émancipation, et ce sont les thèmes vrais et forts de l’adolescence tout en touchant un public beaucoup plus large. Louis est un protagoniste touchant par sa maturité et sa bienveillance mais également par la candeur de sa jeunesse. Votre roman est rempli d’humains avec leur soucis, leurs joies, leurs peines, leurs défauts, leurs vérités… C’est touchant parce qu’ils sont authentiques et que chacun peut se reconnaître dans une partie d’eux. Mais surtout, votre roman ne nie pas la vérité. J’ai beaucoup apprécié la fin parce qu’elle ne provoque pas l’attendu et ce que le romanesque voudrait. Non, elle se révèle simplement être le vrai.

Merci madame l’écrivaine, j’ai aimé le message porté par votre roman. Faire ce que l’on aime, c’est important.

livre-au-tresor

Winter – Marissa Meyer

Image105.png


Wintertime love – The Doors

Madame l’écrivaine,

Cela faisait quelques semaines que j’avais l’envie inexplicable de lire Les chroniques lunaires et dans mon optique de terminer différentes sagas, je me suis empressée de lire Winter. La taille de ce dernier volume m’avait freiné lors des examens et j’avais repoussé sa lecture à plus tard. Pourtant, malgré le nombre de pages conséquent, la lecture se fait très aisément et reste relativement rapide. Je m’y suis plongée sans aucune difficulté tant l’action est présente et la sensation de fin imminente se fait sentir. Tout s’enchaine de façon très réussie, et cela sans temps morts. Dans ce flot d’actions, j’ai aimé que la fin prenne le temps afin de laisser de la place à tous les personnages. Cela permet de bien clore la tétralogie sans laisser de questions majeures en suspens.

La présence de chacun des personnages est homogène et la diversité de ceux-ci permet au lecteur de s’identifier. J’ai trouvé Winter mignonne et attachante mais elle a fini par parfois m’agacer et j’étais embêtée de ressentir ce sentiment. Heureusement, le récit entrecoupé entre les différents personnages m’a permis de davantage l’apprécier grâce à la présence des autres personnages autour d’elle et notamment du dévouement de Jacin.

Merci madame l’écrivaine, ce moment sur la Lune était rempli d’action et d’émotion.

un-coquillage-dans-le-sable

Réseau(x) – Vincent Villeminot

Image102.png


Fistful of love – Anthony and the Johnsons

Monsieur l’écrivain,

Vous avez écrit votre livre comme une araignée tisse sa toile. Tout est minutieusement relié sans qu’on ne sache comment c’est possible. Au début de ma lecture, j’étais assez perdue par l’univers complexe, la mise en place du réseau social qui a une grande originalité, les abréviations qui y font référence, et le nombre impressionnant de personnage. Oui, pour commencer votre roman, je dirai qu’il faut s’accrocher parce qu’on se sent un peu lâché dans la nature sans trop comprendre ce qu’il nous arrive. Puis peu à peu, vous commencez à tisser entre les bases. A partir du moment où je connaissais au moins vaguement le nom des personnages récurrents, j’ai réussi à entrer pleinement dans l’histoire. J’ai observé quelques difficultés à m’attacher aux personnages car, avec leur nombre, le temps accordé à chacun est assez limité. Mais en avançant dans ma lecture, certains personnages se sont révélés plus charismatiques que ce que je ne le pensais.

L’intrigue est vraiment puissante. Elle met du temps à se mettre en place mais vous nous tenez en haleine grâce à un scénario bien ficelé. J’ai ressenti quelques longueurs autour de la troisième partie, je sentais la fin proche mais elle encore trop éloignée pour que je sois dans une attente insoutenable. Toutefois, il y a certains passages qui sont gorgés d’action, ce qui m’a permis de me sentir relancée dans l’histoire. Votre roman pousse à la réflexion et n’offre pas de manichéisme : c’est au lecteur de se faire sa propre opinion sur les personnages. Vous vous postez en simple intermédiaire entre l’histoire et le lecteur, sans imposer votre point de vue ou de jugement de valeur sur les personnages.

Merci monsieur l’écrivain, votre thriller est haletant par moment et retourne le cerveau juste assez pour nous effrayer.

un-coquillage-dans-le-sable

Le passage – Louis Sachar

Image101.png


Tightrope – LP

Monsieur l’écrivain,

Votre récit est beau, prenant et loufoque. C’est un mélange de parcours initiatique et de conte qui donne un mélange assez explosif. Je me suis beaucoup amusée en lisant votre livre mais en le refermant, j’ai perçu la réflexion que vous aviez mis en place. Dans un premier temps, j’ai eu l’impression que votre histoire partait dans tous les sens. Entre le présent de Stanley travaillant au camp du Lac vert et le passé des personnages qui avaient auparavant vécus là, le lien me paraissait difficile à établir. Ajoutez à cela, la temporalité pas toujours évidente à suivre et vous finissiez de me perdre. Pourtant, toutes ces histoires mêlées sont le moteur de votre récit et sont la raison pour laquelle je me suis accrochée. Je n’ai cessé de me dire « continue, tu verras bien ». En d’autres termes, je vous ai fait confiance. J’avais la sensation de pouvoir compter sur vous pour m’impressionner et vous avez réussi. Le lien s’est mis en place et malgré certains évènements improbables, même dans votre univers déjanté, j’ai fini par tout accepter parce que j’avais mesuré l’importance de la quête.

Merci monsieur l’écrivain, votre roman cache savamment la réflexion derrière le loufoque.

belle-lecture-sous-les-voiles

Les garçons – Xavier Deutsch

Image98.png


Forever Young – Alphaville

Monsieur l’écrivain,

Votre roman a fait l’effet d’une petite bombe. Dans Les garçons, tout se marie à la perfection. Votre écriture est empreinte d’une telle poésie que votre roman nous emporte dans une sorte d’univers parallèle où l’on ne s’exprime qu’en métaphore. Je dois avouer que ce qui m’a le plus touchée, c’est votre plume qui transpire de beauté mais surtout la modestie qui s’en dégage. A aucun moment je n’ai eu l’impression que vous vous regardiez écrire comme cela peut être le risque lorsqu’on a un tel talent avec les mots.

Vous ne recherchez pas la vérité dans votre roman, simplement une vérité. A travers Arthur, Quentin et Frédéric, c’est un peu une image de l’adolescence qui ressort. La quête d’un « je ne sais quoi » qui paraît si indispensable. J’ai voyagé aux côtés de tous ces personnages et pourtant vous ne m’avez pas emmenée bien loin. Mais ça a suffi pour que j’ai l’impression d’être dans l’inconnu total. Je me suis projetée dans la classe de littérature, je me suis impliquée dans les réflexions des personnages et j’ai vécu des émotions incroyables. Vous m’avez fait passer un moment hors du temps et de l’espace.

Merci monsieur l’écrivain, c’était beau, pur et humble.

coeur-ocean

Automne – Jan Henrik Nielsen

 

Image96.png


Octobre – Francis Cabrel

Monsieur l’écrivain,

J’ai été attirée par votre livre avec l’idée d’une dystopie axées sur des personnages plus jeunes, un point de vue dont je n’ai pas l’habitude et que vous m’avez donné envie de découvrir. Toute la première partie, en huit-clos à l’intérieur du bunker, est assez longue mais c’est un moment que j’ai apprécié avec la découverte du quotidien de Nanna et Fride. En revanche, au moment où l’action s’est déclenchée, j’ai été assez déçue. J’ai manqué de frissons et de peur pour les deux jeunes filles alors que la situation est tout de même assez inquiétante. Toutefois, la personnalité des deux petites filles m’a retenue parce que leur façon de faire face à cet évènement contraste avec ce qu’on a l’habitude de voir. Les retournements de situation sont assez bienvenus mais j’aurais aimé qu’ils aient plus d’impact et restent moins anecdotiques.

Merci monsieur l’écrivain, Fride et Nanna sont deux personnages très attachants.

petite-vague

Comme un frère – Françoise Jay

Image95.png


Mon frère – Maxime Le Forestier

Madame l’écrivaine,

L’amitié qui lie Lorenzo et Gaspard fait de votre roman une histoire très touchante. Ces deux personnages ont une telle authenticité qu’il est difficile de ne pas s’y attacher. Lorenzo est drôle, expansif et très bavard. A l’inverse, Gaspard a une douceur et une pudeur qui pourrait l’éloigner de Lorenzo. Mais cette différence n’altère pas leur relation et les rapproche d’une manière tellement naturelle que leur amitié en est d’autant plus touchante. Bien sûr, le contexte dans lequel ils se rencontrent joue sur cette sensibilité mais le cadre de l’hôpital n’est pas utilisé pour apitoyer le lecteur. C’est quelque chose de vraiment agréable parce qu’on est davantage prit par les émotions que véhiculent Lorenzo et Gaspard plutôt que par la situation.

J’ai malheureusement été un peu déçue par la fin que j’ai trouvé mignonne et assez bien préparée en y réfléchissant, mais j’aurais aimé une fin qui clôturait mieux l’amitié qui venait de se créer. Toutefois, il n’y a que sur ce point que ma curiosité n’a pas été assouvie. Malgré les nombreux non-dits, je n’ai pas ressenti de frustration parce que je ressentais l’humanité de vos personnages et je comprenais leurs silences.

Merci madame l’écrivaine, votre roman nous offre une belle amitié.

belle-lecture-sous-les-voiles

La pyramide des besoins humains – Caroline Solé

Image94.png


Playground love – Air

Madame l’écrivaine,

J’ai été très attirée par votre idée du jeu de télé-réalité basé sur la pyramide de Maslow. Je trouvais le concept vraiment intéressant et dénonciateur d’une société qui a besoin de tout montrer. Je pensais qu’au travers de Christopher, ce jeune SDF, le jeu allait être démonté et qu’on allait découvrir ses travers. En bref, je m’attendais à un jeu mis en scène un peu à la façon de Hunger Games, même si j’avais très bien compris que cela ne relevait pas du même niveau. J’ai aimé le personnage de Christopher qui est lucide et mature. Malgré tout, il n’a pas eu l’effet que j’attendais en mettant le doigt dans l’engrenage. Je m’attendais à ce que le jeu soit beaucoup plus présent et au centre de l’histoire et dans votre roman, j’ai trouvé qu’il était davantage un prétexte pour montrer le quotidien de Christopher. C’était certes intéressant mais je m’attendais à autre chose et j’ai été un peu déçue de ne pas plus rentrer dans la mécanique du jeu.

Merci madame l’écrivaine, votre idée était prometteuse même si elle n’a pas pris le tournant que j’attendais.

sable-et-galets-algues-salees

Flora Banks – Emily Barr

Image86.png


Héroes de la Antártida – Mecano

Madame l’écrivaine,

La lecture de votre roman a été pour moi partagée et pourtant, j’en garde un bon souvenir. L’explication réside dans le fait que votre histoire se construit en crescendo, petit à petit jusqu’à une explosion finale. Et une fois qu’on a vu le feu d’artifice, on ne peut qu’apprécier la montée en tension précédente. Dans un premier temps, j’ai eu de la peine à me plonger dans votre récit. Le point de vue interne de Flora a été assez pesant pour moi. Son histoire sans cesse répétée a failli m’avoir à l’usure finalement. Malgré tout, je me suis accrochée parce que je sentais que Flora le méritait. Sa douceur, sa fragilité et sa combativité ont fait que je me suis rapidement attachée à elle. Et même si j’étais freinée par le fait de subir moi aussi son handicap, cela m’a permis de mieux comprendre ses émotions parce que moi aussi je ressentais l’agacement et le désarroi.

Le récit est superbement construit. Des détails deviennent des clefs pour comprendre le dénouement et des questions se posent sans cesse. J’ai été un peu attristée par la fin qui, je trouve, se clôt un peu trop rapidement même si le propos est mené jusqu’au bout. J’avoue que j’aurai aimé suivre Flora un peu plus loin dans sa vie.

Merci madame l’écrivaine, après un début lent, vous avez fait exploser votre histoire pour la rendre addictive.

un-coquillage-dans-le-sable

Lettres de l’intérieur – John Marsden

Image82.png


La lettre – Renan Luce

Monsieur l’écrivain,

J’ai eu beaucoup de chance de tomber sur votre livre par le plus grand des hasards, car je pense qu’il aurait très bien pu passer inaperçu à mes yeux. Et face à mon ressenti devant votre roman, cela aurait été bien dommage. Vous avez fait l’effet d’une petite bombe dans mon cœur. J’ai dévoré l’échange épistolaire entre Mandy et Tracey. A un moment, je me suis dit que cela serait amusant de lire chaque lettre avec le nombre de jours d’attente adéquat. Autant vous dire que je n’y ai pas pensé longtemps : amusant, oui, possible à effectuer pour moi, non. Je me suis rapidement attachée aux deux jeunes filles et à l’ambiance que j’ai vu qualifiée d’un peu « datée » par certains. Eh bien, je l’avoue, j’aime les ambiances un peu « datée ». Je me suis sentie submergée de nostalgie, comme si je retrouvais un échange auquel j’avais moi-même prit part.

Tout au long de la première partie, j’ai attendu avec impatience la révélation. Elle n’est certes pas très inattendue ou surprenante mais il règne une telle tension au fil des pages que je ne pouvais m’empêcher d’enchainer les lettres à la suite pour enfin savoir. Et lorsqu’arrive la seconde partie, l’intrigue ne retombe pas. Jusqu’à la fin, vous prenez le parti de ne pas ménager le lecteur. Je doute fort que vous ayez fait cela pour que l’on vous déteste en refermant votre livre (si c’est vraiment le cas, laissez-moi vous dire que c’est réussi). Avec l’absence de votre voix ou celle de tout narrateur, j’ai eu davantage l’impression que vous vous positionniez en simple intermédiaire entre les deux jeunes filles et le lecteur. Vous êtes totalement absent et vous ne nous donnez aucune clefs supplémentaires que celles qu’auraient pu réellement avoir Mandy et Tracey. Alors oui, je vous ai détesté pour ça, pour mon incompréhension à la fin du livre mais c’est ça qui fait la force de cet échange et qui rend Mandy et Tracey si vraies. Vous ne les faites pas vivre. Elles vivent, tout simplement.

Merci monsieur l’écrivain, votre livre va me hanter encore longtemps.

un-coquillage-dans-le-sable