Le passage – Louis Sachar

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Tightrope – LP

Monsieur l’écrivain,

Votre récit est beau, prenant et loufoque. C’est un mélange de parcours initiatique et de conte qui donne un mélange assez explosif. Je me suis beaucoup amusée en lisant votre livre mais en le refermant, j’ai perçu la réflexion que vous aviez mis en place. Dans un premier temps, j’ai eu l’impression que votre histoire partait dans tous les sens. Entre le présent de Stanley travaillant au camp du Lac vert et le passé des personnages qui avaient auparavant vécus là, le lien me paraissait difficile à établir. Ajoutez à cela, la temporalité pas toujours évidente à suivre et vous finissiez de me perdre. Pourtant, toutes ces histoires mêlées sont le moteur de votre récit et sont la raison pour laquelle je me suis accrochée. Je n’ai cessé de me dire « continue, tu verras bien ». En d’autres termes, je vous ai fait confiance. J’avais la sensation de pouvoir compter sur vous pour m’impressionner et vous avez réussi. Le lien s’est mis en place et malgré certains évènements improbables, même dans votre univers déjanté, j’ai fini par tout accepter parce que j’avais mesuré l’importance de la quête.

Merci monsieur l’écrivain, votre roman cache savamment la réflexion derrière le loufoque.

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Qui es-tu Alaska ? – John Green

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Una Mattina – Ludovico Einaudi

Monsieur l’écrivain,

Pendant longtemps, j’ai laissé de côté ce roman, répétant que ce n’était sûrement pas votre meilleur. En effet, celui-ci avait fait l’objet d’une première lecture de ma part, une lecture qui n’avait pas abouti. Mais très sincèrement, aujourd’hui, je n’ai plus aucune idée du pourquoi du comment je n’avais pas accroché. Je ne sais plus. Du tout. Il y a certainement le fait que cette première lecture date. Mais je pense vraiment que c’est parce que ce livre est d’une beauté incroyable. Encore une fois, vous réussissez avec brio à nous embarquer et nous toucher au plus profond de nous même. Vos personnages paraissent si vrais. On a presque l’impression qu’il suffirait de tendre la main pour les toucher au travers du papier. Mais ceux que je préfère sont sans nul doute vos personnages masculins. Au même titre que Quentin m’avait touché dans La face cachée de Margo, j’ai adoré Miles. Son innocence face à tout ce qu’il découvre à Culver Creek, sa soif de nouveauté, sa gentillesse m’ont totalement séduite. Il était touchant. Alaska, en plus se son prénom tellement empreint de voyage et de grands espaces, m’a beaucoup intéressée de part son mystère. Ce personnage si ouvert, si intrépide, si « grande gueule », était tellement étrange et mystérieux. Vous savez faire planer le suspens autour de vos personnages mais aussi autour de votre intrigue. Monsieur l’écrivain sachez que mettre « *** de jours avant » est très perturbant pour le lecteur et qu’il pousse les pauvres êtres faibles tel que moi à voir ce qu’il se passe après, conduisant irrémédiablement à un spoiler conséquent. Mais je suis sûre que vous savez déjà tout cela et c’est ce qui fait votre génie. Vous savez manier les mots de telle sorte que le lecteur se retrouve prisonnier du livre et ne puisse plus le lâcher. Je dois vous dire que cela à très bien marché avec moi. Une fois attachée à cet univers je ne voulais plus en sortir.

J’ai aimé votre histoire parce qu’elle avait tous les ingrédients pour me plaire. J’adore quand les personnages enquêtent et cherchent des indices sur un fait mystérieux. Vous l’avez fait. J’aime tellement être embarquée dans cette recherche difficile et espérer trouvera avant les héros. Malheureusement, je n’y arrive jamais. Mais finalement, c’est plutôt heureusement. Parce que cela démontre à quel point vous êtes fort pour nous cacher quelque chose qui semble finalement tellement évident. C’est peut être cette évidence qui, une fois le livre fermé, nous laisse songeur face à la fin. C’était finalement si simple. Et pendant tant de pages, nous avons cherché si compliqué. Je vous avoue que cette situation est frustrante. Cependant, je pense que si elle est bien menée, elle reste indispensable. Elle nous permet vraiment de nous identifier aux personnages. Ça y est, nous ressentons ce qu’il ressent.

Monsieur l’écrivain, merci. Votre livre est touchant, pleins de beaux personnages en quête d’un Grand Peut-être.

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